
23/06/2010
22/06/2010
"No matter how good you are to people you know, they'll make you cry sometimes"- Raphael Saadiq
Tu me diras que c’est dans l’ordre des choses, que la nature est ainsi faite. Et bien c’est justement cet «ordre des choses» qu’il refuse d’accepter une autre fois. De tout en haut, il contemple les feuilles se décrocher peu à peu de lui-même, comme des traîtresses, elles s’en vont et ne lui laisse rien, aucun souvenir, aucune chanson, aucune saveur, comme si elle jetait à l’eau tous leurs engagements, comme si elles abandonnaient la partie, comme si elles niaient le passé commun. Il soupire profondément, impuissant mais digne.
Maintenant, observe bien. Les feuilles qui sont toujours rattachées aux branches.
Celles qui persistent.
Celles qui se battent.
Celles qui crachent à la gueule de cet «ordre des choses», vainement, mais qui essayent. Observe comme elle se détachent lentement des branches, la sève cède, ignorant l’obstination de ses pauvres insignifiantes. L’arbre souffre. Dans leur clémence, elles se sont entretenues auparavant avec lui, lui ont fait part de leur reconnaissance, avoué leur attachement : elles ont fait leurs adieux. Alors il souffre. Plus que jamais, l’arbre se sent nu. La mesquine impuissance l’étouffe dans son étreinte, la mélancolie lui donne le vertige. Il comprend que cela recommence, que tout s’aboutit, se termine, s’achève, se conclut, se clôt, se concrétise et disparaît. Il devrait y être habitué, ce n’est pas la première fois que cette saison frappe, seulement, il avait pensé que cette fois, il aurait été capable de la dominer, de ne plus être faible.
Alors tant bien que mal, il reste droit et digne, ne fléchit pas, robuste et fier de chacune de ces petites feuilles.
Je peux te confier un secret? Cet arbre, c’est moi.
21/06/2010
Jazz Bar
Juste parler, et offrir la seule chose que nous avons a offrir: nous même. Car il est d'une inutilité abondante celle du désaccord sans paroles. Etre un espèce de carré, bien fermé, inchangeable et insensible par l'adoration de ses paralélismes et ses angles droits est quelque chose de maigre, une satisfaction amère.
"Tout est suceptible de changer, a partir du moment ou on pense et on est
capable de la communiquer"Louise, Charlotte, Lucile.
18/06/2010
69 : Année Erotique.
Bonnie & Clyde.
Blonde.
Regard enfantin.
BRIGITTE BARDOT.
Lemon Incest.
Love on the Beat.
Brune.
Regard enfantin
CHARLOTTE FOREVER.
Je t'aime, moi non plus.
Anglaise. Cannabis.
Regard enfantin et malicieux.
JANE BIRKIN.
C.
16/06/2010
Pigeon Noir.

Je suis a court de mots, il semble qu'ils ne volent pas avec les feuilles. Je suis bien la tête en haut, le stylo vers le bas. Je ne pourrais désirer plus (ni moins). Le soleil vient nous surprendre soudainement. J'écrase de mon poid les insectes minuscules somnolant sous mon corps. Mes cheveux se perdent, se mélangent, se dissouent dans le vert. Tout en devient un mélange homogène. J'ai la tête égarée, les idées envollés, cela semble un monde subtil et délicat. Je sens le pouls éxagéré de mon coeur, mes sens s'épanouissent. Je deviens intelligente, songe a des propos lointains, impénétrable en état normal. La terre est un tournesol s'orrientant en fonction du monstre jaune et bouillant, j'en suis persuadée. Je ne suis pas sure de donner un sens a ces lignes, je suis dérésonnable pourtant je n'ose me le reprocher. Les enceintes se frottent a mes oreilles, me vient alors une idée incroyablement plate et exploitable. Tout se résume en une grande question philosophique:
Est il une faiblesse ou une prudence de s'enfuir la où rien ne peut plus sur notre esprit ouvert? Pas même les lois, physiques, civiles, sentimentales, instinctives...?
Est ce un courage désirer le mieux pour soi, le mieux ailleurs? Est ce une protection staisfaisante que d'échapper a travers des substances a un lien trop aigu avec le réel, la monotonie, les barrières? Est ce digne de s'exposer temporairement à un amour envers l'étrange, se perdre dans un univers instable et inexistant?
Surement. Et si le vrai bonheur c'est savoir se suffire et vivre avec modération, alors je commencerais l'apprentissage de la gaité demain. Pas aujourd'hui, aujourd'hui je vole.
"Les drogues sont un défi à l'esprit" (Jim Morrison)
A.
10/06/2010
Je suis un robot dégénéré.
Il ne reste plus que le caprice. C'est l'été, il fait froid. C'est le matin, la lumière traverse déjà mes volets de caramel. Je souris, Vivaldi m'enlace de ses mélodies. Il y a l'absence des visages frais et la résistance bête aux tentations interdites. Je n'irais donc pas chez toi. C'est un jour enfiévré. Pourtant il y a du vert, mais il éveille le soupçon, par son allure ridicule et bien trop exagérée. En ce moment je me demande combien de feuilles sont perchés sur l'arbre d'en face. Il est étrange, il n'a jamais sommeil. Aussi, je pense a Joseph Kessel et cette œuvre envoutante et tiède séparant l'amour grandiose, pudique et tendre et l'érotisme sale et grossier, tout somnolant dans une même femme, respectueuse et prostitué par plaisir. J'en ai une certaine préoccupation. Mais il y a une rupture: mon réveil annonce 13: 07. Vivaldi s'est éteint. Je reste sous l'édredon étouffant. Alors Tom Waits s'énerve un peu, il hurle ses désirs de femmes, je crois. Je souris, aujourd'hui sera un jour comme les autres.
Je veux beaucoup, beaucoup de vagues, des épées cassés, des cafés au lait, des cloches, des sandwichs, du vent, des ressorts et une boite a musique, surtout une boite a musique.
"Blue skies over my head, give me another reason to get out of bed"
A.
08/06/2010
Elasticité.

Je lis No et moi. Je ne suis plus la seule a collectionner les mots. Des mots doux, des mots pateux, des mots qui donnent le vertige par leur grâce et l'effroi qu'ils m'inspirent. Ils me font peur parfois, mais ils ne sont pas contagieux. Je les découpe, les accroche a un mur blanc, où ils savent s'imposer et vomir leur beauté. Je ne sais pas si c'est une bonne chose, si les avoir si près de moi me fait grandir, ou si au contraire je sombre dans ma plus petite enfance à travers des mots que mon moi actuel me propose. Mais je trouve un charme démesuré a laisser un ensemble de lettres avoir un sens différent, ne pas être bousculé par d'autres et pouvoir etre seul, sans contexte et avec une liberté flagrante. Alors ils dansent sans que je ne m'en aperçoive, ils réfléchissent beaucoup. Le soir, quand je rentre dans ma chambre, à l'odeur de repos et de tourments passés, ils sont là, éclatants. Je m'étend sur mon lit, je les redécouvre. Ils sont agressifs, doux, inquiétants, décontractés, ils mutent et se métamorphosent de seconde en seconde. Souvent, je m'envole avec quelque uns en tête, je les savoure et les explore. La nuit passe alors sur une base fantastique et un mélange enragé. Hier, je suis partie avec un seul mot: visage.
07/06/2010
"Bohème: Personne qui mène une vie vagabonde, sans règles ni soucis du lendemain"

Ce matin je suis étalée dans mon lit, comme beaucoup trop d’autres matinées d’ailleurs. Il est 13h, je sors à peine de mon sommeil, honteuse d’être aussi épuisée. Puis viens la routine. Lever le store de ma chambre, mais pas trop, juste assez pour y laisser entrer les doux rayons de soleil, ses longues caresses interminables. Regarder le plafond blanc et vide avec la voix plaintive et mélancolique de Peter Doherty en arrière-fond. Sourire bêtement. Premiers plaisirs de la journée.
Bohème serait un beau synonyme de jeunesse.
Errer, Traîner, Improviser… Se laisser porter par le courant du quotidien, sans jamais s’ennuyer de la routine. Et puis rire surtout.
Devenir autiste envers la réalité, s’efforcer de penser que tout va bien, ignorer le concret, se créer sa propre dimension.
Une dimension où l’on voyage sans destination, un voyage au cours duquel il faut mûrir de ses expériences, au cours duquel il faut grandir de ses échecs.
05/06/2010
Toute phrase a un sens. Toute.

04/06/2010
Je vis avec une araignée.
Je vis avec une araignée, aux charmes inconnus. Je vis avec la lune, elle me harcèle, me fait des avances. Je l'aime bien, mais pas assez pour me donner a elle, alors chaque matin, il s'agit de vivre, de voir l'aube de nouveau. Et l'araignée, l'araignée qui gambade sur mes murs blanc, vides de couleurs et d'artifices. Elle est belle cette petite créature, la voire s'enfuir, est un des petits plaisirs de la vie, bêtes et crades. Je frissonne, je redoute qu'elle vienne caresser ma peau de ses membres sales et légers. J'ai peur, un peu.
Ce soir les étoiles me déçoivent, j'ai le regard de la dernière fois. Il semble que tout consiste en une perte d'équilibre, une démolition de la fragilité instaurée par mon inconscient. La lune et sa fraicheur ne me satisfait pas. Je me sens lourde et morbide, déesse du glauque. "Je veux reigner par l'effroi" a écrit Baudelaire, c'est ce que je veux aussi. Je veux aussi un vélo avec des ailes, et un sac a dos pour partir un peu moins près de ces quatre murs. Viens araignée, je t'emmène. Tu va chevaucher sur deux roues, tout près de moi. Je vais t'apprendre a défier la gravité et les lois physiques stupides et inutiles. Tu vas pouvoir lire de la poésie, écrire des mots fous et interdit.
Non, elle n'est plus là, la divine vénus, immortelle. J’inspecte chaque fissure. L’espoir y est encore, ou es tu? Puis, je retrouve son corps frêle écrasé, derrière un papier. Un papier portant une citation géniale de Prévert "être ou ne pas être dans les nuages".




