
Je lis No et moi. Je ne suis plus la seule a collectionner les mots. Des mots doux, des mots pateux, des mots qui donnent le vertige par leur grâce et l'effroi qu'ils m'inspirent. Ils me font peur parfois, mais ils ne sont pas contagieux. Je les découpe, les accroche a un mur blanc, où ils savent s'imposer et vomir leur beauté. Je ne sais pas si c'est une bonne chose, si les avoir si près de moi me fait grandir, ou si au contraire je sombre dans ma plus petite enfance à travers des mots que mon moi actuel me propose. Mais je trouve un charme démesuré a laisser un ensemble de lettres avoir un sens différent, ne pas être bousculé par d'autres et pouvoir etre seul, sans contexte et avec une liberté flagrante. Alors ils dansent sans que je ne m'en aperçoive, ils réfléchissent beaucoup. Le soir, quand je rentre dans ma chambre, à l'odeur de repos et de tourments passés, ils sont là, éclatants. Je m'étend sur mon lit, je les redécouvre. Ils sont agressifs, doux, inquiétants, décontractés, ils mutent et se métamorphosent de seconde en seconde. Souvent, je m'envole avec quelque uns en tête, je les savoure et les explore. La nuit passe alors sur une base fantastique et un mélange enragé. Hier, je suis partie avec un seul mot: visage.
A.

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