Je vis avec une araignée, aux charmes inconnus. Je vis avec la lune, elle me harcèle, me fait des avances. Je l'aime bien, mais pas assez pour me donner a elle, alors chaque matin, il s'agit de vivre, de voir l'aube de nouveau. Et l'araignée, l'araignée qui gambade sur mes murs blanc, vides de couleurs et d'artifices. Elle est belle cette petite créature, la voire s'enfuir, est un des petits plaisirs de la vie, bêtes et crades. Je frissonne, je redoute qu'elle vienne caresser ma peau de ses membres sales et légers. J'ai peur, un peu.
Ce soir les étoiles me déçoivent, j'ai le regard de la dernière fois. Il semble que tout consiste en une perte d'équilibre, une démolition de la fragilité instaurée par mon inconscient. La lune et sa fraicheur ne me satisfait pas. Je me sens lourde et morbide, déesse du glauque. "Je veux reigner par l'effroi" a écrit Baudelaire, c'est ce que je veux aussi. Je veux aussi un vélo avec des ailes, et un sac a dos pour partir un peu moins près de ces quatre murs. Viens araignée, je t'emmène. Tu va chevaucher sur deux roues, tout près de moi. Je vais t'apprendre a défier la gravité et les lois physiques stupides et inutiles. Tu vas pouvoir lire de la poésie, écrire des mots fous et interdit.
Non, elle n'est plus là, la divine vénus, immortelle. J’inspecte chaque fissure. L’espoir y est encore, ou es tu? Puis, je retrouve son corps frêle écrasé, derrière un papier. Un papier portant une citation géniale de Prévert "être ou ne pas être dans les nuages".

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