12/10/2010

Cher vendeur de mirage, a la dégaine de vieux illuminé.

C'est pour toi, vendeur de mirages, que je refoule ma rage interne. C'est pour toi, assis sur un banc comme une statue de marbre, que je rassemble quelques francs, déjà périmés. Marchand difficile, homme sans chaussures, je connais tes peines et j'ai beaucoup de compassion pour toi quand tu me confie tout bas tes problèmes de sous. Mais tu sais, personne n'y crois a ton art, et la souffrance n'est plus a la mode. Les temps modernes offrent a l'homme l'agilité nécessaire pour se créer des espoirs à la hauteur de leur déceptions. Tout est noir, et tu vends du gris, alors qu'a coté, l'anatomie des masses a mit au point un processus dément pour la synthèse des couleurs.
Je ne veux pas ressentir l'amère compassion, ni partager avec toi mes repas envenimés par la commodité. Mais écoute moi. Cesse tes enfantillages, raisonne et oublie tes petits plaisirs un instant. Enterres tes airs de beauté fané, et vend ton amour, ignoble bestiole.

Et puis un jour, tu verras, j'enverrais des faux espoirs claustrophobes envahir ton esprit. Quand tu mourras enfin d'une pression phénoménale ingérable, j'irais en enfer, te dédier des danses infernales, en souvenirs des textes que tu m'as écris.

Au bout de combien de temps on regrette d'etre venu au monde? (Nouvelle sous ecstasy_ Frederic Beigbeder)
Jongleur.

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