Et c'est avec des souvenirs floues, des promesses vagues, un bracelet rose fluo au poignet et des cailloux de la plage dans les chaussures que je quitte un univers trop fantaisiste.
Je crois que j'aime trop quelques presences pour pouvoir les enfouir dans l'inconscient qui me laisse saine d'esprit et sans remords. Je suis une petite machine avec une programmation improvisee. Il suffit de voir mes rebonds, mes comportements imprevisibles et mes idees sans avenir. Oui, je n'ai pas vraiment de futur dans cette direction. Mais ca ne doit pas importer, parce que je crie, je volle, je cours, je suis ce qu'il me semble le plus improbable sur le moment.
Ce mois de juillet j'ai compris a quel point la distance est une belle chose. J'ai compris les mensonges: la liberte n'a pas de prix, elle ne depend que de nous. Je ne crois pas pardonner un jour tout ceux qui m'ont dit que la liberte est chere. Non. Certes la liberte absolue n'existe pas mais il s'agit de s'en rapprocher, et la plus intense qu'on puisse connaitre n'a pas de prix etant le centre de mes attentes. Cette sensation de se lever sans savoir vraiment ce qu'il va suivre. Renifler des parfums et connaitre a travers ceux-ci le bien etre, etre capable de construire la satisfaction a travers des petits delices sur les chemins encore inconnu de notre avenir. Etre videe d'espoir, sans etre desesperee, ne pas comprendre, ni chercher d'explications, se laisser guider par les envies et le hasard, sans dependre de rien, ni des amours d'ete, ni des bus lents et pleins, ni de la carte bleue bloquee. De rien. Et pourtant dans cet ideal, sans avoir d'obligations, ni de routine presque tout les soirs, je tombais en meme temps que la nuit dans les paradis artificiels. Ceux qu'on me disait qui n'en vallaient pas la peine, ceux qui me laisse l'esprit plus grand, plus noble et plus elastique.
Alors je suppose que c'est bisard, de revenir avec le gout amere du manque. Et peut etre que j'ai un peu honte de mon humanite et de mes attaches aux personnes. Parce que la nostalgie que je me force de detruire pour m'affirmer insouciante ne tiens pas qu'a la repression d'une liberte jouissante, non, elle est en grande partie due aux voix que je n'entendrais plus, aux longs retour que je ne ferais plus, aux regards que je ne croiserais pas, et aux mains que je ne prendrais plus. Alors il s'agit de laisser passer le temps, d'oublier que je ne me reveillerais pas a Brighton demain matin, que je ne verrais pas tout ces temoins de mon existence aux rires folkloriques. Et pire encore je ne sentirais plus la respiration de ces quelques personnes aux yeux eteints, aux croyances inexistantes et aux cris de combats impressionnants, qui m'ont habille d'enthousiasme et de joie. Parce que je crois qu'il faut le dire, il est grand temps de ne plus etre de la poussiere. Et tant qu'a etre reduite a des dimentions telles, je prefere encore etre des paillettes.

Elle me manque, cette barre où l'on se déhanchait tout les soirs.
"Hello, I love you, won't you tell me your name"