27/07/2010

Under Control

J'ai une certaine gêne à accepter un des modes de fonctionnement de notre société, cette manie de tout vouloir classer, différencier puis comparer pour se rassurer.
D'ailleurs, je déteste les cours d'économie. Vouloir faire croire aux gens que le monde est un gigantesque plateau de jeu dans lequel il suffit de classer les individus par couleur, origine, profession, hobby. Faire avaler à la population que notre société ne peut fonctionner qu'en départageant les personnes, qu'en les différenciant.

Au lycée, chaque "bande" à son propre style. Au niveau scolaire, on nous départage par filières en cochant des capacités acquises ou non sur une grille semblable à une liste de course, en examinant nos "profils", nos aptitudes.
Différencier. Classifier. Analyser. Déterminer.

Toutes ces classifications nous amène à la peur du mélange et à la banalisation des stéréotypes.
La littéraire (c'est une fille, bien sûr) fume des joints, a une coupe de cheveux courte, aurait rêver vivre dans les 60's, se déhanche au son des guitares de Joy Division, porte des Doc Martens, écoute du blues ou du jazz, fait des photos et lit à n'en plus finir pour se différencier des autres, snobe les "ignorants", soit ceux qui ne vendrait pas leur vie contre l'immense privilège d'être contemporain à Boris Vian.

Ainsi, on ne peut pas écouter les Strokes et lire des mangas, ni porter de marques sans vouloir montrer que l'on vient d'un certain milieu,ni préférer le rock au rap en étant noire, ni lire des bouquins non imposés par le programme quand on est cool.

Je veux être une vaste palette pleine de tons différents. Je veux porter des jupes en cuir, écouter Drake et les Kinks si ça me plaît, faire du violon et de la danse classique en étant noire, je ne veux pas avoir de profil, je ne veux pas être classée, je ne veux pas être bornée. Je veux être ouverte et cultivée.
C.

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