Tu vois cet arbre là-bas, robuste et fier? Depuis peu de temps, il perd ses feuilles.
Tu me diras que c’est dans l’ordre des choses, que la nature est ainsi faite. Et bien c’est justement cet «ordre des choses» qu’il refuse d’accepter une autre fois. De tout en haut, il contemple les feuilles se décrocher peu à peu de lui-même, comme des traîtresses, elles s’en vont et ne lui laisse rien, aucun souvenir, aucune chanson, aucune saveur, comme si elle jetait à l’eau tous leurs engagements, comme si elles abandonnaient la partie, comme si elles niaient le passé commun. Il soupire profondément, impuissant mais digne.
Maintenant, observe bien. Les feuilles qui sont toujours rattachées aux branches.
Celles qui persistent.
Celles qui se battent.
Celles qui crachent à la gueule de cet «ordre des choses», vainement, mais qui essayent. Observe comme elle se détachent lentement des branches, la sève cède, ignorant l’obstination de ses pauvres insignifiantes. L’arbre souffre. Dans leur clémence, elles se sont entretenues auparavant avec lui, lui ont fait part de leur reconnaissance, avoué leur attachement : elles ont fait leurs adieux. Alors il souffre. Plus que jamais, l’arbre se sent nu. La mesquine impuissance l’étouffe dans son étreinte, la mélancolie lui donne le vertige. Il comprend que cela recommence, que tout s’aboutit, se termine, s’achève, se conclut, se clôt, se concrétise et disparaît. Il devrait y être habitué, ce n’est pas la première fois que cette saison frappe, seulement, il avait pensé que cette fois, il aurait été capable de la dominer, de ne plus être faible.
Alors tant bien que mal, il reste droit et digne, ne fléchit pas, robuste et fier de chacune de ces petites feuilles.
Tu me diras que c’est dans l’ordre des choses, que la nature est ainsi faite. Et bien c’est justement cet «ordre des choses» qu’il refuse d’accepter une autre fois. De tout en haut, il contemple les feuilles se décrocher peu à peu de lui-même, comme des traîtresses, elles s’en vont et ne lui laisse rien, aucun souvenir, aucune chanson, aucune saveur, comme si elle jetait à l’eau tous leurs engagements, comme si elles abandonnaient la partie, comme si elles niaient le passé commun. Il soupire profondément, impuissant mais digne.
Maintenant, observe bien. Les feuilles qui sont toujours rattachées aux branches.
Celles qui persistent.
Celles qui se battent.
Celles qui crachent à la gueule de cet «ordre des choses», vainement, mais qui essayent. Observe comme elle se détachent lentement des branches, la sève cède, ignorant l’obstination de ses pauvres insignifiantes. L’arbre souffre. Dans leur clémence, elles se sont entretenues auparavant avec lui, lui ont fait part de leur reconnaissance, avoué leur attachement : elles ont fait leurs adieux. Alors il souffre. Plus que jamais, l’arbre se sent nu. La mesquine impuissance l’étouffe dans son étreinte, la mélancolie lui donne le vertige. Il comprend que cela recommence, que tout s’aboutit, se termine, s’achève, se conclut, se clôt, se concrétise et disparaît. Il devrait y être habitué, ce n’est pas la première fois que cette saison frappe, seulement, il avait pensé que cette fois, il aurait été capable de la dominer, de ne plus être faible.
Alors tant bien que mal, il reste droit et digne, ne fléchit pas, robuste et fier de chacune de ces petites feuilles.
Je peux te confier un secret? Cet arbre, c’est moi.
C.

Juste Waow.
RépondreSupprimerC'est simplement magnifique.
Mon petit arbre :) tu sais tu aura toujours l'eau ( c'est moi ) qui te nourrira.
Je taime ma petite chloé.
Oui, tu n'es pas l'eau, mais les racines.
RépondreSupprimerc'est vrai, et c'est pour ça que tu tiendra toujous debout.
RépondreSupprimerjetaim.