- Monsieur, eh monsieur!? Amenez moi avec vous dans votre monde de simplicité et de paradis indestructible. Ca m'est égal de ne pas manger tout les jours, de marcher pieds nus et d'être a la merci du vent. Apres tout, le vent il m'aime bien. J'ai besoin de m'enfuir, de prendre le temps de disparaitre et défier le rationnel. Je m'ennui un peu dans cette cage, les autres oiseaux sont gris et presque aveugles: ils ne voient pas les barreaux. Je ne crois pas que le bonheur coïncide avec ce manque d'espace, alors je m'en remet a vous, jeune homme qui passe, osez m'amener avec vous...
Vous verrez je suis légère quoique insupportable. D'ailleurs où allons nous? Non! je ne veux pas le savoir en réalité, je refuse de croire que tout a un but, un sens concret. Peu importe, vous avez le visage de celui qui sait tout sans le savoir, de celui qui donne tout a la vie. Vous avez un regard déluré, le même que ceux qui s'offrent au hasard sans rien demander en échange, le même que celui que les fous jettent sur une hallucination: un peu de panique, un peu de perplexité mais aussi de l'hilarité.
Vous semblez ailleurs monsieur.
- Je suis heureux et très égoïste. Je n'ai rien a vous offrir de plus que mon vagabondage infini et mes coups de tête, mes envies éphémères et mes points de vu peu structurés. J'ai une phobie sombrant dans l'adoration de tout ce qui est étrange et que je ne peux cerner. C'est une question d'équilibre. Je ne veux pas vous amener, mais si vous voulez vous pouvez me suivre. De très prés, pour que je sente votre parfum et votre présence, mais avec recul pour que jamais je ne sois tenté de vous retenir.
A.

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