
La nuit l'avale, il tremble. Le sombre l'apaise, ses yeux ne lui font plus mal. Il rit parfois et on peut percevoir dans son regard la longue coulée d'une jeunesse éteinte. Il veut s'abandonner au repos avec dignité, se réfugier dans la beauté du rêve. Alors, avant tout, il prend soin d'absorber le merveilleux. Il saisit les couleurs mensongères de la fatigue, les formes vagues et le flou. Il se rempli d'idées sans signification et de sensations étranges. Sa peau parsemé d'une sueur fine se colle aux draps frais: bientôt. Il se concentre sur l'irréel, il part. Il prend la main a Picasso et rentre alors dans ses œuvres où pleurent les femmes, il les console. Il rit et disparait, leur laissant la douleur déjà connu de l'absence et la solitude. Il s'invente des nageoires et s'enfuit encore. Je ne le suit plus et me libère de l'insensé: je retrouve la chambre noire. Je l'admire, le garçon au visage effacé et au nom imprononçable. Sa respiration a une silhouette attrayante; j'imite avec soin ses mouvements. Son corps s'essouffle, je redouble de fascination tandis qu'il reste là, endormis le souffle au gout de impénétrable. Il semble vivre ailleurs, le garçon aux chevilles fines et au grain de beauté dans le cou. A.

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