
Ils sont vieux, très vieux, rongés par les années qu'ils n'ont pas. La réflexion les a mené a des chemins bousillés, pleins de paradoxes, de déceptions et vide de brouillard. Ils parlent dans un langage de geste, de regards, de mots inexistants récemment inventés. Il y a une certaine agilité et souplesse dans leur pensés, une étonnante capacité a faire et a défaire sans se soucier. Ils rient, ils tombent parfois, pourtant ils ne sont ni heureux ni maladroits, ils sont presque seuls. Personne ne voit, personne ne comprend, ils sont invisibles, comme le monde l'est quand le lien visuel persiste entre eux. Ils ne s'aiment pas, ils ne se haïssent pas non plus. Ils ont juste froid, et ils prétendent. Ils prétendent, ce sont des acteurs, des comédiens innocents. Le savent ils? Savent ils que leur monde est fragile et mal fondé? Peut être pas. Il y a une magie imperceptible entre leur deux corps creusés par les désirs interdits de repos qui laisse tout possible. Et si ils se jouaient de tout, si ils prétendaient prétendre? Peut être. Entre attachement et insouciance, bisous de ruelles et passion enterré, il existe des liaisons complexes. Celle des deux vieux, non pressés, au pas lent et aux yeux usés. Ils jouent le temps, jonglent avec les interdictions, et les plaisirs de la vie a travers leurs sourires violents.
A.

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